Je n’aime pas trop écrire des articles sur l’actualité, car les journalistes le font bien mieux que moi. Mais certains sujets sont suffisamment révoltants pour avoir envie de m’exprimer dessus. Et le drame qui touche la Birmanie en fait partie.

Ce pays a été dévasté il y a moins de deux semaines par le cyclone Nargis, faisant 34 000 morts, et 28 000 disparus (chiffres datant d’hier et qui, je suppose, ne sont plus d’actualité), soit la pire catastrophe naturelle de l’histoire récente. On ne peut malheureusement pas lutter contre les éléments, on ne peut pas éviter un Tsunami, un tremblement de terre, une éruption volcanique ou un cyclone. Mais on peut en limiter les conséquences, de façons préventive, et, le cas échéant, de façon curative. Ni l’un ni l’autre n’a été ou n’est mis en œuvre en Birmanie.

Parce que le gouvernement de Myanmar (ancienne Birmanie) savait. Les autorités Indiennes ont déclaré avoir prévenu le gouvernement militaire au pouvoir en Birmanie. Celui ci n’ayant pas relayé l’information au sein de son territoire, le cyclone a été perçu au départ comme une simple tempête, laquelle s’est rapidement transformée en un cyclone dont les vents ont atteint 240km/h et ont tout balayé sur leur passage.

Là, on est déjà dans le très choquant, mais il y a pire. Parce que ne pas prévenir la population est déjà un crime en soit, mais ne pas porter secours à cette population en est un autre.

En effet, la junte militaire birmane fait le forcing pour empêcher l’aide humanitaire de se rendre sur son territoire pour porter secours aux victimes, apporter de la nourriture et de l’eau potable. On comprends aisément pourquoi si on considère qu’elle n’a pas envie de se faire une mauvaise publicité avec la désorganisation qui règne sur le pays suite à la catastrophe. En attendant, c’est tout un peuple qui vit parmi les cadavres en décomposition (le gouvernement considère anodin cet état de fait, ces cadavres nourriront les poissons), crève de faim et survit dans des conditions sanitaires dramatiques.

Et pendant ce temps là, les images nous montrent des chargements de riz produit par la Birmanie (le delta de l’Irrawaddy, ravagé par le cyclone, était le grenier à riz du pays), chargements qui ne sont pas du tout destinés à la population mais à l’exportation afin de rapporter quelques devises. Lamentable.

J’ai par ailleurs noté un point commun entre la Birmanie et la Chine : la manipulation des médias. Les informations locales montrent de “gentils militaires” en train de dégager les routes sur fond de musique douce. J’adore.

Une porte-parole du programme d’aide humanitaire des Nations unies a annoncé hier que le pays est à nouveau menacé par un cyclone. La météo et le gouvernement de Myanmar travaillent en ce moment main dans la main pour détruire ce qu’il y a encore à détruire.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce pays : les élections truquées, le mariage en grande pompe de la fille de Than Shwe (le plus haut dirigeant de la junte militaire du Myanmar), le Triangle d’Or et son trafic de drogue…

Si je termine là dessus, c’est aussi pour illustrer, comme j’en ai l’habitude, mon article. En effet, la photo ci-dessous représente le Triangle d’Or (au confluent du Mékong et de la rivière Ruak, les frontières de la Thaïlande, du Laos et de la Birmanie se rejoignent pour former le Triangle d’Or). Je l’ai prise (à contre jour malheureusement, on ne distingue pas forcément grand chose) depuis la Thaïlande. La Birmanie se trouve à gauche de la photo, de l’autre côté du fleuve.