(Cet article me fera perdre à coup sûr mes 2 lecteurs aveyronnais. Tant pis !)

Au volant, je suis monstrueux ! Je râle tout le temps, je klaxonne dès que j’en ai l’occasion, je suis franchement un vrai enfoiré. Comme tout le monde, il m’arrive de faire des erreurs de conduite de temps en temps, mais depuis un accident qui aurait pu être gravissime, survenu il y a pas mal d’années et pour lequel j’endosse toute la responsabilité, je fais bien plus attention. Ca m’a pas mal calmé, mais mon foutu caractère reste entier et j’aime bien gueuler après les autres quand je conduis. Et entre mon passage en Ile de France et l’Aveyron, j’ai matière à m’énerver au volant.

J’ai beaucoup critiqué la façon de conduire des parisiens, je le fais d’ailleurs toujours et je continuerai à le faire. Ceci étant, par certains aspects, je leur ressemble pas mal. Le parisien est nerveux au volant, le parisien fait le forcing, le parisien râle. Mais le parisien a l’habitude de conduire et, au regard du nombre de véhicules qui circulent tous les jours en Ile de France, le parisien a la maîtrise de sa voiture.

Il y a quelques semaines, j’écoutais une radio locale aveyronnaise et j’y ai entendu quelque chose qui ne m’a pas du tout surpris : le nombre d’accidents de la route a augmenté en Aveyron au premier semestre 2008, par rapport au premier semestre 2007, là où il a diminué dans pratiquement tous les autres départements français. Des chiffres pour le prouver : 18 blessés et 0 tué en juin 2007 – 40 blessés et 3 tués en juin 2008. La préfecture de l’Aveyron “ne comprend pas ces chiffres”. A la préfecture de l’Aveyron, ils sont, soit très cons, soit faux cul !

Je vais les interpréter moi les chiffres !

Je fais tous les jours, 70 km aller-retour pour me rendre au travail et je sillonne le département à longueur d’année pour ce même travail, alors les routes aveyronnaises, je les connais.

Ces routes, on peut les considérer comme désertes. Parce que ce département est très grand et la population très faible. Alors évidemment, quand tu as grandi ici, tu te dis que la route est à toi ! L’aveyronnais roule donc vite, très vite. Je me fais régulièrement doubler alors que je roule à 90 km/h et je dirais que les gens qui me doublent peuvent rouler à 110-120 km/h. La spécialité locale est le dépassement sur ligne continue. Ce sport est visiblement très à la mode et l’aveyronnais le maîtrise parfaitement. Ou pas. J’ai encore assisté, la semaine dernière, à un dépassement de haute volée avec rabattement juste avant un virage sans visibilité et voiture qui arrive en face 2 secondes plus tard. Du grand art !

Y’a quand même quelque chose que je dois reconnaître aux autochtones : ils ont l’habitude de la neige et, contrairement à pas mal d’autres régions où, avec 3 flocons 1/2, on assiste à un blocage en règle des routes, ici, malgré la neige, on roule, on double, on vit sa vie comme en plein été. Je dis pas qu’il n’y a pas de temps en temps quelques dommages collatéraux, mais ça permet de faire, encore une fois, de l’art sur le bord des routes : si si, une voiture plantée tout en hauteur dans un fossé enneigé, c’est de l’art !

Ce qui m’a vraiment donné envie d’écrire cet article, c’est surtout qu’hier matin, alors que j’étais tranquillement à 50 sur une route en travaux, sans marquage au sol, fraîchement gravillonnée et avec interdiction de dépasser, je me suis fait doubler par une espèce de connard qui m’a projeté un gravillon sur le pare-brise. Résultat : un impact de plus ! Ce qui m’en fait 2, le premier (dans le champs de vision donc non réparable) ayant été causé par une situation strictement identique il y a quelques mois…

Ce genre d’article soulage au moins autant qu’un coup de klaxon !